Publié le 15-06-2011
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 Biologie de l'abeille

Cette page est un extrait d'un module de formation apicole (« Biologie de l'abeille ») organisée par l'Abeille Dauphinoise.

  • Les habitants de la ruche

Une colonie comporte de 20 000 à 80 000 abeilles et comprend des individus de morphologie différentes et ayant des rôles différents :

Une reine : qui est la mère de toute une famille, a une durée de vie de 4 à 5 ans et pond de 1 000 à 3 000 œufs par jour. C'est la seule femelle de la colonie dont l'organisme génital est complètement développé et soit susceptible d'être fécondé. Les accouplements (6 à 10 fois) se produisent entre le cinquième et le quinzième jour après sa naissance, la ponte commence le cinquième jour après l'accouplement.

Les ouvrières : ce sont des femelles incomplètes incapables de se reproduire (appareil reproducteur atrophié) mais possèdent des organes très spécialisés constituant des adaptations aux travaux de récolte de pollen et de nectar ainsi qu’à la constitution du nid. Leur durée de vie varie avec les saisons, de un à cinq mois.

Les mâles (faux bourdons), au nombre de quelques centaines, vivent 50 jours environ et sont chassés ou tués au moment de l'essaimage ou à l'approche d'une mauvaise saison (été sec, hiver).

 

  • Morphologie des abeilles

Comme chez tous les insectes, le corps de l'abeille comprend trois partie distinctes reliées entre elles par deux étranglements.

Les abeilles sont des insectes dont le corps est segmenté en anneaux. Chaque anneau garde une certaine autonomie (respiratoire, nerveuse, ...). En effet toutes les fonctions importantes ne sont pas localisées dans le cerveau.

Le squelette est externe comme tous les insectes. Il est composé de différentes pièces : de strenites (ventralement), de tergites (dorsalement) et de pleurites (faces latérales de l'abdomen). Ces trois pièces délimitent un anneau.

Chaque partie distincte de l’abeille dispose d’appareils spécialisés :

  • la tête  avec des yeux (au nombres de 5), des antennes orientables portant des organes sensibles (2), des mandibules en formes de pince (2) pour triturer la cire et prélever la propolis et une bouche avec une trompe qui aspire le nectar des fleurs ;

  • le thorax formé de 3 anneaux soudés :

    • 1er anneau : une paire de pattes (nettoyage des antennes) ;

    • 2ème anneau : une paire de pattes (porte une épine qui détache les pelotes de pollen) + une paire d'ailes (les plus grandes) ;

    • 3ème anneau : une paire de pattes, la plus spécialisée pour le transport du pollen et une paire de petites ailes ;

  • l'abdomen comprenant 10 anneaux :

    • 1 rétréci en pétiole, unit l'abdomen au thorax ;

    • 6 anneaux (tergite partie supérieure, sternite partie inférieure) : il y en a 7 chez le mâle dépourvu d'appareil vulnérant ;

    • 3 segments internes : un support, une plaque et un anus de l'appareil vulnérant.

  • Un développement différencié

Les œufs pondus par la reine connaîtront un sort différent selon qu’ils le seront dans des petites cellules, ou cellules ouvrières, ou dans les grandes cellules, ou cellules de mâles. Dans les petites cellules naîtront des ouvrières à partir d’œufs fécondés. Dans les grandes cellules naîtront des mâles.

Quant aux reines, issues d’œufs fécondés tout comme les ouvrières, elles se développent dans des cellules dites royales beaucoup plus grandes et qui n’apparaissent que lorsqu’il y a élevage de reines, c’est-à-dire au moment où la colonie se prépare à essaimer ou bien replace une reine âgée ou déficiente.

  • L’OUVRIÈRE

L’œuf pondu par la reine se présente dans tous les cas comme un bâtonnet d’un blanc nacré de 1,5 mm de long sur 0,5 mm de diamètre. L’une des extrémités est plus grosse que l’autre. La reine colle son œuf au fond de la cellule par l’extrémité la plus fine. Il reste droit pendant la plus grande partie du développement embryonnaire, puis il s’incurve, et la jeune larve en sort après avoir fendu le chorion.

A partir du moment où l’œuf est pondu, il est le siège d’une intense activité interne. Le noyau reproducteur commence une série de divisions. Les cellules nées de ces divisions s’organisent et donnent naissance à des feuillets qui vont progressivement former des ébauches de téguments, de tube digestif, d’appareil reproducteur, de système nerveux, ...

Lorsque, le troisième jour après la ponte, la jeune larve éclot, elle a épuisé toutes les réserves alimentaires de l’œuf mais elle est apte à se nourrir normalement. Elle va d’ailleurs le faire d’une façon absolument continue, ne s’arrêtant de consommer la nourriture qu’elle reçoit des nourrices que pour muer.

Sa croissance très rapide l’oblige à changer de peau quatre fois de suite pendant sa vie de larve ronde. Elle abandonne au fond de sa cellule ces peux devenues trop petites (on peut d’ailleurs les retrouver facilement dans la gelée royale que l’on dilue dans une solution faible de potasse sur laquelle elles viennent flotter).

La vie larvaire proprement dite dure 6 jours, pendant lesquels le poids et la taille augmentent considérablement. Rien que dans les 3 premiers jours, le poids de la larve passe de 0,1 mg à prés de 5 mg. le huitième jour, l’alimentation étant terminée, la larve, de venue très grosse, occupe toute la cellule. Au lieu d’être enroulée au fond, elle a pris une position allongée qu’elle ne quittera plus. Elle file alors un cocon dans lequel elle s’isole cependant que les ouvrières ferme la cellule au moyen d’un opercule perméable à l’air. cet opercule est fait de cire mélangée de grains de pollen et de minuscules déchets ou de fibres. Il est poreux et fragile. L’abeille naissante le découpera avec ses mandibules le 21éme jour après la ponte de l’œuf pour sortir de sa cellule natale.

Sous l’opercule commence un prodigieux travail de métamorphose. La larve blanche et molle, va se transformer tout d’abord en nymphe, puis en abeille adulte. La transformation est insensible. On voit apparaître dés le 11éme jour après la ponte l’ébauche des trois parties du corps : tête, thorax et abdomen. C’est à ce moment que se produit la cinquième mue. Sous les téguments encore mous, commencent à se former les ébauches des ailes, des pattes, des pièces buccales. En fait, on assiste à une refonte compléter du corps de l’insecte et à une reconstitution à partir de ce qu’on appelle les disques imaginaux.

L’ouvrière naissante est un insecte adulte mais son développement physiologique n’est pas terminé. Elle devra encore consommer beaucoup de pollen pendant six à huit jours pour acquérir des téguments totalement pigmentés, des glandes hypopharyngiennes bien développées, un aiguillon fonctionnel, .... Lorsque la croissance sera réellement achevée, ses besoins alimentaires vont changer. Elle ne consommera plus guère que du miel ou du nectar et pratiquement plus de pollen. Ses faibles besoins en azote seront couverts par les petites quantités de protéines et d’acides aminés libres contenus dans le miel.

  • LA REINE

La durée totale de développement n’est que de 16 jours. De même que l’ouvrière n’a pas achevé son développement physiologique, la reine naissante n’est pas sexuellement mûre. Il s’écoulera finalement au moins 3 semaines entre la ponte qui donnera une reine et le moment où, fécondée, celle-ci commercera à pondre.

  • LE MALE

Ce sont les mâles qui ont le développement le plus long puisqu’il dure en moyenne 24 jours.

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